Question sur les subventions exceptionnelles aux écoles sinistrées par les inondations

Question orale de Mme Stéphanie Cortisse, Députée (MR), à Mr Frédéric Daerden, Ministre du budget et des bâtiments scolaires, à propos des subventions exceptionnelles pour les écoles sinistrées par les inondations du mois de juillet 2021
Mme Stéphanie
Cortisse (MR). – Le gouvernement a prévu un montant de
25 millions d'euros à titre de subventions exceptionnelles pour les bâtiments
scolaires sinistrés par les terribles inondations du mois de juillet 2021. Ces
moyens sont inscrits actuellement au budget du service administratif à
comptabilité autonome (SACA) CUR. Ils doivent notamment couvrir la location de
containers provisoires, ainsi que des travaux d'aménagement, de démolition ou
de remise aux normes, indispensables au maintien de l'offre d'enseignement.
En vertu de la
circulaire 8608, les écoles doivent introduire leurs demandes d'ici le 30 juin
2023. Or, dans certaines écoles, les travaux de rénovation ou de
démolition/reconstruction sont toujours en cours, voire n'ont pas encore
commencé. De nombreuses écoles ont en effet dû attendre de pouvoir déposer un
projet dans le cadre des appels à projets du milliard d'euros pour la
rénovation des bâtiments scolaires, qui viennent seulement d'être lancés. Ces
établissements devront encore louer les containers occupés par les élèves et
les enseignants durant de nombreux mois.
Plusieurs pouvoirs
organisateurs (PO) et directions concernés demandent dès lors à pouvoir déposer
des demandes de subventions exceptionnelles pour la location onéreuse de containers
au-delà du 30 juin prochain.
Par ailleurs,
certaines directions ont ouï dire que votre cabinet estimait que le budget de
25 millions d'euros n'était pas nécessaire et était surévalué, car beaucoup de
dossiers de demandes de subventions n'ont pas encore été rentrés. Les écoles me
précisent cependant qu'elles n'ont pas encore eu le temps de rentrer leurs
dossiers, soit parce qu'ils ne sont pas prêts – la location de containers étant
toujours en cours – soit en raison de la complexité liée aux formalités
administratives. À titre d'exemple, fournir une attestation de l'assurance
décrivant les postes et les montants non pris en charge par celle-ci de façon
totale, partielle ou nulle, est parfois une condition impossible à remplir pour
les écoles qui ne disposent pas des détails des indemnités d'assurance, mais
seulement des postes globaux.
Monsieur le
Ministre, pouvez-vous faire un état des lieux des dossiers introduits à ce jour
dans le cadre de ce mécanisme? À quel montant total provisoire cela correspond-il?
Le budget prévu est-il suffisant? Dans la négative, est-il prévu de
l'augmenter?
Compte tenu du
temps mis à lancer les appels à projets, le délai fixé initialement au 30 juin
2023 pourrait-il être prolongé?
Est-il également
prévu de simplifier davantage les formalités pour le dépôt des dossiers de
demandes de subventions, compte tenu des réalités du terrain, notamment
l'impossibilité d'obtenir une attestation d'assurance détaillée poste par
poste?
Les directions
suggèrent de comparer l'état des pertes avec le montant des indemnités
d'assurance perçues et d'indemniser la différence. Cette solution est-elle
envisageable?
Il ne faudrait pas
réallouer le solde du budget de 25 millions à d'autres politiques, étant donné
les besoins réels et toujours d'actualité de plusieurs écoles fortement
sinistrées, à Pepinster, Verviers ou Limbourg.
Je rappelle que le
présent dispositif prend en charge 80 % du coût des mesures éligibles après
déduction des interventions des assurances ou autres mécanismes d'aide. Si un
solde devait subsister du budget de 25 millions d'euros, outre la prolongation
de la période de financement de la location de containers, quel pourcentage la
Fédération Wallonie-Bruxelles pourrait-elle prendre en charge au-delà des 80 %
actuels?
M. Frédéric
Daerden, Ministre du budget et des bâtiments scolaires. – Ce sujet me tient particulièrement à cœur. Au vu de la catastrophe
sans précédent qui a touché notre pays en juillet 2021, il est du devoir des
pouvoirs publics comme le nôtre de soutenir le terrain et de se montrer à
l'écoute de ses réalités.
L'information selon
laquelle le budget serait surévalué n'émane pas de mon cabinet. À ce jour, le
nombre de dossiers déposés et le budget qu'ils représentent ne permettent pas
de consommer l'enveloppe de 25 millions prévue. Beaucoup de PO font face à
certaines difficultés pour clore leurs dossiers. Ces dernières incluent
notamment la durée des travaux ou encore le temps nécessaire pour clore le
dossier d'assurance, surtout, qui est un élément particulièrement important.
Pénaliser ces PO ne fait pas partie de mes intentions. Au contraire, ces PO
doivent pouvoir être aidés. À ce jour, 26 dossiers relatifs à 41 implantations
ont été soumis à l'administration. Cela représente une demande de subventionnement
de l'ordre de 7,3 millions d'euros.
Quant à la
possibilité d'augmenter l'enveloppe initiale ou le taux d'intervention, nombre
de dossiers doivent encore être introduits. Il est donc trop tôt pour se
positionner sur ces possibilités. Mon cabinet et l'administration entretiennent
des contacts réguliers avec les PO sinistrés. Nous savons dès lors que beaucoup
attendent une prolongation des délais. Une note faisant état de la situation et
proposant plusieurs modifications du mécanisme, en ce compris les délais, est
en préparation et sera soumise pour discussion au gouvernement du 29 juin. Ma
volonté est évidemment d'insérer de la souplesse dans les délais et dans les
montants. Je plaiderai dans ce sens auprès de mes collègues du gouvernement.
Nous avons volontairement attendu le plus longtemps possible pour mener ces
discussions, et ce, afin d'avoir la vue la plus large des différentes
problématiques et des modifications à apporter. Je tiens à vous rassurer: aucun
PO ne sera oublié ni laissé sans soutien.
Mme Stéphanie
Cortisse (MR). – Monsieur le Ministre, à titre
d'exemple, dans une école libre de Pepinster, dix-huit modules accueillent six
classes. La location de ces modules revient à 5.300 euros par mois, ce qui est
un montant considérable. Cette école peut toutefois utiliser d'autres locaux,
ce qui n'est pas le cas d'autres écoles où le montant de la location est donc
encore bien plus élevé. Je vous remercie de soutenir ce dossier et vous
réinterrogerai à ce sujet après le gouvernement du 29 juin prochain.